Vidéo de Frederique Chauveaux (23-01-2018)


Aprés Avignon, Toulouse, Bruxelles, Lille et Séville, l'installation vidéo Incendie (2016) de Frederique Chauveaux est présentée dan le cadre de La RONDE : 8 lieux, 14 artistes.

exposition du 26 janvier au 26 mars 2018
vernissage le jeudi 25 janvier à partir de 19h

Exposition : Musée industriel de la Corderie Vallois - Notre Dame de Bondeville


 

Incendie

 

  « Une sculpture de tissu verticale lévite : des chemises se distinguent, longues et blanches. Figures élevées ainsi qu’un oiseau arrêté, elles s’enflamment, crépitantes, sans mouvements, dont seul le feu est doué. Elles se transforment sous son avancée. Il attaque la souche, il monte. La flamme s’empare de la sculpture, la noircit : le blanc disparaît au profit du noir, la forme claire au profit de la couche noire… mais l’oiseau sous-jacent, le phénix se réveille ; il rejaillit immaculé prêt à reprendre son cycle, image forte qu’un lendemain est toujours possible », à l’instar de notre société qui cherche par tous les moyens à se ré-enchanter, à se ré- inventer. Cette installation vidéo donne à voir un monde mi- onirique mi-réel à la fois feu intérieur, renouveau, renaissance ou encore source vitale... Le feu provoque le trouble et le désir de s’approcher lié à la crainte de la brûlure. Le vrai et le faux sont ici conviés à travers l'idée du feu (filmé) dévorant les chemises bien réelles. 

Un des axes majeurs de mes recherches consiste à projeter sur des objets. Choisis pour leurs fonctions ergonomiques et sémantiques, ils se transforment en supports/écrans. Mes installations fusionnent deux modes de représentation : l’objet physique et son image. Le spectateur perçoit d’un même regard l’espace réel et celui de la représentation. S’immisçant dans l’univers psychique de celui-ci, ce dispositif vient perturber sa perception et tente ainsi de laisser advenir une présence "autre"...  Incendie questionne elle aussi l’envahissement de nos vies par l’image, conduisant à une quasi disparition de l’objet lui-même au profit de son reflet (Ceci n’est pas une pipe) dans une société numérique illusoirement dématérialisée et à la recherche d’une forme salvatrice de spiritualité. C’est pourquoi cette œuvre, évocation sensible et poétique de la "passion" - entendue dans son sens originel de souffrance mais aussi d'intensité vitale, de moment fulgurant- se veut également une invitation à la contemplation et vise à donner libre cours à l’imaginaire du visiteur…